Message à tous mes frères qui vont se marier (ou qui le sont déjà)...

Ce que vous allez lire ci-dessous est la transcription écrite d'un discours fait récemment à l'occasion de la célébration d'un "Nikâh" (mariage religieux). Lors de ce discours, le public présent était exclusivement masculin: C'est ce qui explique les points sur lesquels l'emphase a été mis...

 

Chers frères,

Tout musulman et toute musulmane est conscient que l'établissement de l'union entre les croyants et la protection de cette union autour d'une base et un axe solide est un impératif de notre foi. Allah nous interpelle en effet en ces termes dans le Qour'aane:

Ô les croyants ! Craignez Allah comme Il doit être craint. Et ne mourez qu'en pleine soumission. Et cramponnez-vous tous ensemble au "Habl" (câble) d'Allah et ne soyez pas divisés; et rappelez-vous le bienfait d'Allah sur vous : lorsque vous étiez ennemis, c'est Lui qui réconcilia vos coeurs. Puis, pas Son bienfait, vous êtes devenus frères. Et alors que vous étiez au bord d'un abîme de Feu, c'est Lui qui vous en a sauvés. Ainsi, Allah vous montre Ses signes afin que vous soyez bien guidés.


Les termes du verset sont on peut plus clairs... Et il est aisé de comprendre pourquoi cette union des croyants est si indispensable : C'est cela qui assure la force de l'ensemble de la communauté musulmane, de la "Oummah"... force qui nous fait d'ailleurs cruellement défaut aujourd'hui, comme nous le rappelle tristement l'actualité quotidienne internationale....


Pourtant, quand on revient vers les injonctions coraniques et prophétiques, on se rend compte qu'elles contiennent d'importantes dispositions pour établir justement cette union au sein de la communauté : Ainsi, une analyse d'ensemble de nos références permet de faire ressortir que, souvent, dans les contextes d'interaction entre individus où, potentiellement, le risque de conflit et de division est présent, on trouve deux types d'enseignements, chacun étant adressé à l'une des parties impliquées... Et si chaque partie s'attache à respecter scrupuleusement ce qui lui a été adressé, cela ne peut que permettre l'établissement et le développement d'une société harmonieuse...


Je sais que, posés en ces termes, le point que j'évoque est assez obscur... Mais je vais vous donner trois situations types où ce principe est présent... et je suis sûr que, Incha Allah, tout deviendra beaucoup plus clair :

1ère situation: Elle est rapport avec l'acquittement de la Zakâte... Il faut savoir qu'aux premiers temps de l'Islam, l'autorité musulmane désignait des responsables pour qu'ils aillent dans les différentes régions afin de collecter la Zakâte auprès des gens. Ce qui se passait parfois, c'est que des conflits survenaient dans le face à face entre le collecteur de la Zakâte et la personne soumise à l'imposition, chacun ayant des intérêts différents et chacun essayant d'agir suivant ses intérêts... et ces conflits justement, ils mettaient en danger la cohésion de la communauté musulmane. Pour éviter cela, le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) a énoncé deux types d'enseignements :

D'un côté, il a averti sévèrement les collecteurs de la Zakâte contre l'injustice dans leur prélèvement: Dans un Hadith, il compare les collecteurs injustes à ceux qui ne s'acquittent pas de la Zakâte (Tirmidhi). Il les a également recommandé de ne pas adopter une attitude qui puisse nuire aux gens qui s'acquittent de la Zakâte, en restant loin de la ville par exemple et en demandant à ce que chacun se présente à eux (Abou Dâoûd) ou en prélevant les meilleurs biens. Autre injonction qui leur a été adressée : Ne pas chercher à satisfaire des intérêts matériels personnels dans leur mission, en acceptant par exemple des présents offerts uniquement en raison de l'autorité relative qui est la leur...

De l'autre côté, aux personnes imposables, le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) a ordonné de s'acquitter sans broncher ce qui leur était réclamé et de tout faire pour satisfaire le collecteur de la Zakâte, même si celui-ci collecteur faisait preuve d'injustice dans le prélèvement de leur bien...


Quand on considère conjointement ces deux types d'énoncé, on se rend bien compte de ce que l'on a évoqué tout à l'heure, c'est-à-dire que l'esprit qui anime ces injonctions consiste bien en la recherche de l'union au sein de la communauté.


2ème situation: Dans le rapport gouvernant-gouvernés, on retrouve le même schéma:


A ceux qui détiennent le pouvoir, des avertissements très sévères ont été par exemple lancés contre l'abus de pouvoir... De même, des consignes très strictes ont été énoncées par rapport à l'importance de leur responsabilité et la nécessité de s'en acquitter correctement.

Aux gouvernés, l'emphase a souvent été mis sur la nécessité de l'obéissance à l'autorité en place...


3ème situation: Dans le rapport employeur-employé, c'est la même chose:

Aux employés, il a été ordonné de faire preuve d'honnêteté dans leur travail, que ce soit dans le temps imparti ou la qualité du service offert. Aux employeurs, il a été ordonné de payer l'employé en tant voulu, avant que sa sueur ne sèche, suivant les termes d'un Hadith.

Et on peut retrouver ce genre de recommandations dans pratiquement tous les contextes qui mettent deux parties ou deux individus dans un rapport d'échange commun...


Cela est un constat qu'il est important de relever. Mais ce qu'il est beaucoup plus important de souligner, c'est que si, dans ce genre de situation, on ne met en valeur qu'un type de recommandation et d'enseignement, surtout celui qui ne nous est pas adressé, cela crée un déséquilibre et une rupture... Par exemple, si le cadre de la relation employeur-employé, l'employé ne se focalise que sur le salaire qui lui est dû et ne se soucie pas de son travail, les conséquences se passent de commentaires... Et le résultat est exactement à l'opposé de ce qui était voulu et recherché; cela ne fait que créer et amplifier la désunion et la discorde entre les individus...

Vous vous demandez peut être quel est le rapport entre ce qui a été dit jusqu'à présent et le mariage, étant donné que ce dernier sujet qui nous intéresse directement cette nuit... Et bien justement, posons-nous la question: Dans le cadre du mariage, qu'est ce qui passe ? Il y a établissement d'une relation, d'une union et d'un contexte d'interaction permanente et continuelle entre deux personnes ayant chacun un vécu, chacun un état d'esprit différent, chacun des intérêts et des priorités pas forcément similaires, chacun des sensibilités différentes etc... Et il est évident, que dans un contexte pareil, les risques de frictions sont importants: C'est justement ce qui explique que là également, l'Islam a donné des recommandations bien claires aux deux parties qui s'unissent, étant donné que le Nikâh vise justement à établir une relation solide et durable...

A l'épouse, il a été essentiellement ordonné de respecter et d'obéir l'époux. L'emphase a également été mis à son attention sur l'autorité de l'époux au sein de la famille et la nécessité, pour elle, de faire de son mieux pour s'acquitter de ses différents devoirs conjugaux.


Et à l'époux, il a été donné des enseignements bien clairs sur lesquels je vais revenir dans quelques instants, Incha Allah.


Et quel est le constat qui s'impose à nous aujourd'hui ? C'est exactement le problème que l'on a évoqué tout à l'heure: On se limite à une vision partielle des choses... Comme je m'adresse à une assemblée d'hommes, je vais parler de ce qui nous concerne: Notre attitude, elle consiste aujourd'hui à se focaliser sur les versets du Qour'aane et les Hadiths qui évoquent les devoirs de la femme - références qui ne nous sont pas directement adressées - en "oubliant" et en accordant que peu de considération au respect de ce qui nous est adressé... Résultat: On se retrouve avec des tensions, des frictions aux graves conséquences parfois dans la vie conjugale... qui se reflètent ensuite sur la communauté entière...


Notre priorité aujourd'hui doit être justement de trouver les moyens pour palier à ce manquement: Pour cela, l'essentiel consiste à ce que nous gardions à l'esprit les enseignement de l'Islam qui nous concernent et qui nous sont adressés, et faisons de notre mieux pour les respecter et les appliquer... Et c'est là que j'en arrive à un rapide rappel concernant nos principaux devoirs en tant qu'époux... Il y a un passage du Qour'aane très court et très concis qui nous suffit amplement à ce sujet; Il s'agit du passage qui ordonne:

"Et comportez-vous convenablement envers elles (l'épouse)..."


Le bon comportement envers l'épouse est une obligation venant de la part d'Allah. Ce passage est court, mais le sens qu'il porte est très vaste... En effet, le bon comportement dont il est question ici doit se manifester à plusieurs niveaux :

  • Au niveau de l'entretien matériel, bien entendu, qui est une obligation religieuse que personne n'ignore.

 

  • Mais également au niveau de l'accompagnement spirituel de l'épouse: En effet, un époux qui veille à ce que s'imprègne chaque membre de sa famille (lui en premier) de la "Taqwa" (crainte révérentielle d'Allah), de respect et de l'obéissance des lois divines, contribue, Incha Allah, par son attitude, à faire en sorte que sa famille reste unie dans le bonheur non seulement dans ce monde, mais également dans l'Autre Monde, au Paradis...


  • Avec cela, la mari a également le devoir de tout faire pour garder une climat de sérénité et une bonne ambiance au sein de la famille : C'est là aussi une expression très importante du bon comportement. Etablir et entretenir une bonne ambiance englobe pas mal de choses... que l'on retrouve d'ailleurs dans le modèle de vie conjugale du Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam)...

Le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) se concertait avec ses épouses, même dans les moments les plus cruciaux (comme ce fut le cas à Houdeïbiyah, en l'an 6 de l'Hégire),

il (sallallâhou alayhi wa sallam) les assistait dans leurs tâches,

il (sallallâhou alayhi wa sallam) prenait le temps de discuter avec elles,

il (sallallâhou alayhi wa sallam) veillait à les divertir - on en a des preuves dans la vie de Aîcha (radhia Allâhou anha) avec qui le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) avait fait la course à pied... Une fois, c'est Aïcha (radhia Allâhou anha) qui avait gagné et l'autre fois, c'était le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam). Le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) avait également laissé à Aïcha (radhia Allâhou anha) regarder des jeunes abyssins qui étaient en train de s'exercer et jouer dans la cour de la mosquée un jour de Ide (Boukhâr); les Hadiths authentiques indiquent qu'il l'avait dissimulé derrière son dos pour qu'elle puisse assister aisément à ce "spectacle", et ce, jusqu'à ce que d'elle-même, elle se lasse...,

il (sallallâhou alayhi wa sallam) affirmait très clairement que "le meilleur d'entre vous est celui qui est le plus bon envers son épouse, et que lui-même, il était le meilleur d'entre tous dans son comportement envers son épouse" ,

il (sallallâhou alayhi wa sallam) avait pris soin, lors de son dernier sermon au cours du Pèlerinage d'Adieu, de mettre l'emphase sur la nécessité pour le mari de bien agir envers l'épouse... et ce, en un lieu sacré, en un moment sacré et en présence d'un très grand nombre de Compagnons (radhia Allâhou anhoum),

et j'en passe...


  • Par ailleurs, il faut également souligner que, dans une mesure générale, tout ce qui, dans notre environnement et notre société est considéré comme étant un témoignage de bon comportement et qui n'est pas contraire à la Chariah, il est nécessaire au mari de l'adopter à l'égard de son épouse: Le terme employé dans le passage du Qour'aane cité plus haut concernant le bon comportement envers l'épouse est "Ma'roûf", qui dérive de "'Ourf". Le terme "'Ourf" , en arabe, désigne les usages en cours dans la société, usages qui varient bien évidemment en fonction de l'espace et du temps... C'est pourquoi, une bonne compréhension du verset implique que le mari doit avoir l'intelligence du contexte, c'est-à-dire que, dans son attitude envers son épouse, en sus de considérer les recommandations exprimées dans nos sources (le Qour'aane et la Sounnah - qui sont et restent les éléments clés pour déterminer ce qui est convenable - "Ma'roûf"), il se doit également de prêter attention à ce qu'imposent les usages licites et appréciables (islamiquement parlant) qui sont en cours à l'endroit et à l'époque où il vit... et les adopter...


Voilà, brièvement, en quoi consiste notre devoir de bon comportement envers l'épouse : A présent, sincèrement, posons-nous les bonnes questions :

Jusqu'à quel point accordons-nous de l'importance au respect de ce devoir essentiel qui nous est imposé par le Qour'aane et les Hadiths ?


Est-ce que, réellement, nous avons le courage de prendre conscience de ce devoir... de notre devoir ?...

Ou préférons-nous, au lieu de choisir cette attitude responsable, nous ériger en juge pour nos épouses, en les promettant le courroux divin et les pires tourments de l'Enfer si elles "osent" faire une remarque ou une réflexion qui ne va pas totalement dans le sens de nos intérêts- en omettant que cette épouse est, elle aussi, un être humain à part entière, avec ses désirs, ses sensibilités, ses intérêts propres... ?

A chacun de donner les vraies réponses à ces questions à sa propre conscience...

En tous les cas, une chose est sûre: Si nous cherchons le bonheur à travers le mariage, notre priorité est bel et bien d'éviter à tout prix de prendre les choses par le mauvais bout:

Avant même de chercher et de réclamer le respect de nos droits, faisons de notre mieux pour nous acquitter de nos devoirs...

C'est d'ailleurs là ce qui ressort d'un conseil que le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) avait donné aux Compagnons (radhia Allâhou anhoum) quand ceux-ci lui avait questionné par rapport à l'attitude à adopter s'ils sont victimes d'injustices - ces propos avaient été tenus dans un contexte bien particulier, mais leur portée reste générale :

"Acquittez-vous de vos devoirs et demandez à Allah ce qui vous est dû."

Qu'Allah nous accorde à tous, à moi même en premier, l'opportunité de remplir nos devoirs en tant qu'époux. Âmine.


Wa Allâhou A'lam !

Et Dieu est Plus Savant !

 source: http://www.muslimfr.com/

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