Ramadhan, état des lieux..

C'est en ces termes, que par un texto, un ami me présentait ses vœux au début du Ramadân: «Je te souhaite un mois béni de Rahmah (miséricorde), 4 semaines de Barkah (prospérité), 30 jours de pardon, 720 heures de pureté, 43 200 minutes de bonnes actions, 2 592 000 secondes de Lumière. Ramadân Moubârak ! »

 

 

 

C'était il y a tout juste quelques jours. Tout le monde se souhaitait encore « Ramadân Moubârak !» Et voilà que quelques jours plus tard, « Eid Moubârak ! » a été entendu et Ramadân 1429 « rangé » dans l'esprit collectif.

 

 

 

Et lorsque pour un ultime bilan, mon voisin de palier me demandait: « Alors ce Ramadân, ça s'est bien passé finalement ? », je le regardais et me demandais ce que je devais lui répondre. « Alhamdoulillâh! Ça s'est très bien passé! », comme tout le monde aime le répéter ? Et pourquoi le répètent-ils d'ailleurs? Quels sont les véritables critères du Ramadân qui s'est bien déroulé ? Le temps ? S'il a fait beau ou non ? Les petits gâteaux traditionnels ? S'il y en avait suffisamment et s'ils étaient bons ou non ? Mais qu'en est-il alors des rahmah, barkah, pardon, pureté et lumière du mois béni, venant du texto de mon ami ? En ai-je réellement bénéficié ? Quand aux bonnes actions, où en-est véritablement mon compte ?




 

Ai-je gardé convenablement mes 29 ou 30 jours de jeûne ?

 

Ai-je accompli correctement les prières à leurs heures ?

 

Me suis-je tenu debout avec foi et espérance devant Allah pour les près de 600 Rak'âts de Tarâwîh ?

 

Ai-je assisté à une écoute du Qour'ân dans son intégralité durant cette Tarâwîh ?

 

Ai-je moi-même effectué une récitation complète de ce Qour'ân ?

 

Ma recherche de Laylatoul Qadr (Nuit du Destin) a-t-elle été fructueuse ?

 

Ai-je également vécu ce mois comme celui de la patience et de la maîtrise de soi ? C'est d'ailleurs assez bizarre que c'est durant ce mois que les esprits s'échauffent un peu plus dans nos mosquées...

 

Le Messager d'Allah (swallallâhou 'alayhui wasallam) qualifiait ce mois comme étant celui de la mutualité et de la solidarité. L'ai-je considéré ainsi ?

 

On parle souvent de partage durant ce mois. Et c'est ainsi par exemple qu'on voit cet échange de petits plats entre les foyers. Mais ai-je pensé quelques fois à changer quelque peu le sens de circulation de ces petits plats ? Le « Je te donne », « Tu me donnes », « Je t'envoie », « Tu m'envoies », c'est bien ! Mais qu'en est-il de ces foyers et de ces familles qui attendront toujours en vain un plat venant de chez moi ? Combien de fois, des présents sont envoyés vers des tables où il n'y a plus de place pour les accueillir, alors même qu'ailleurs des tables resteront éternellement vides ?

 

Bref, l'objectif principal du Ramadân, la piété et la Taqwâ, imposé par Allah a-t-il été atteint ?

 

 

 

Ce sont autant de questions que je me pose et qui m'empêchent de répondre à cette première question de mon voisin: « Alors ce Ramadân, ça s'est bien passé finalement ? »

 

 

 

D'ailleurs, on m'a souvent répété que la réponse à cette question ne pouvait être donnée aussi rapidement. Il me faudrait pour cela attendre les semaines et les mois à venir. La Lumière du Ramadân aura-t-elle laissé des traces ? Vais-je continuer sur la bonne lancée ou au contraire, m'arrêter en pensant que c'est fini ? Dans ce second cas, je me serais alors complètement trompé ! Je n'aurais alors rien compris !

 

 

 

Le Ramadân, m'a-t-on toujours appris, est 1 mois d'entraînement pour 11 mois d'application et surtout pas 1 mois d'application pour 11 mois d'oubli ! Qu'il serait regrettable de s'arrêter au moment où cela commence réellement ! Qu'il serait dommage, après s'être entraîné durant un mois, de se retrouver sur le banc de touche le jour du match !

 

C'est vrai, après tout ! Que se passe-t-il dans nos petites têtes pour que du jour au lendemain on arrête tout ? Pourquoi les mosquées se vident-elles lorsque les ventres commencent à se remplir ? Pourquoi tout s'éteint lorsque les télévisions se rallument ? Mais qui a dit qu'après s'être maîtrisé, je pouvais maintenant me « lâcher » ? Et qui a dit qu'après s'être « calmé », je pouvais maintenant me « défouler » ? Mais quelle différence y-a-il, bon sang, entre une prière pendant le Ramadân et une prière après le Ramadân ? Cette dernière serait-elle devenue « moins » obligatoire ou « moins » importante ? Et le Dieu de l'après-Ramadân serait-il différent de celui du Ramadân ?

 

 

 

Hazrat Abou Bakr (radhiyallâhou 'anh) disait au décès du Prophète (swallallâhou 'alayhi wasallam) : « Celui qui adorait Mouhammad, (qu'il sache que) certes, Mouhammad est mort ! Et celui qui adorait Allah, (qu'il sache que) certes, Allah est Vivant, Il ne meut pas ! »

 

Et bien , mon frère, ma sœur, que celui d'entre nous qui adorait Ramadân 1429, qu'il sache que Ramadân 1429 est passé et « mort ». Mais celui qui adorait Allah durant le Ramadân, qu'il sache qu'Allah est éternellement Vivant et ne meurt jamais! Si nous adorions Allah il y a quelques jours, adorons-Le aujourd'hui encore et adorons -Le encore toujours !

 

 

 

Des amis à moi plaisantent souvent en disant qu'au soir de Eid, un avion décolle emportant avec lui tous les invités du Ramadân, pour ne les ramener qu'au Ramadân suivant ! Pour l'Amour de Dieu, ne prenez jamais ce vol ! Non, ne le prenez pas ! Vous risquez de ne jamais atteindre la bonne destination !

 

 

 

Que le Très-Haut nous accorde la constance et l'endurance dans Son obéissance.

 

Âmîne
 

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